Made in Taiwan

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2010 janv. 30

Taper du chinois traditionnel sous Linux en Hanyu pinyin : enfin une réalité !

Enfin !

Les années d'errances linguistiques sous Linux sont terminées !

Pour les plus pressés, allez lire sans plus attendre la notice de Benoît. Pour les autres, voici la petite histoire...

Je suis passé à Linux en même temps que j'ai commencé l'apprentissage du chinois, fin 2004, et j'ai donc toujours vécu avec un problème de taille : l'impossibilité d'écrire du chinois traditionnel en utilisant le Hanyu pinyin.

Tout ça ne vous parle sans doute pas, mais à Taiwan, on étudie et on utilise le chinois traditionnel (繁體字), tandis qu'en Chine populaire, on est passé progressivement depuis quelques décennies au chinois simplifié (簡體字).

Au niveau des méthodes d'apprentissage, Taiwan a toujours utilisé le Zhuyin 注音, alphabet syllabaire (aussi appelé Bopomofo, ㄅㄆㄇㄈ), tandis qu'en Chine populaire, on s'est vite tourné vers le Hanyu pinyin (漢語拼音), méthode qui a l'avantage d'utiliser l'alphabet latin.

En gros, si je veux écrire "France" (法國), ça donne :

  • ㄈㄚˋㄍㄨㄛˊ (en Bopomofo, Taiwan)
  • Fà guó (en Hanyu pinyin, Chine pop)

J'ai appris le Bopomofo à l'université en 2006, et je lui trouve certains avantages pédagogiques pour l'Occidental que je suis.

Néanmoins, quand on passe à la pratique sur un clavier d'ordinateur, la méthode qui utilise le Bopomofo oblige à connaître par cœur le ton de chaque caractère tapé. Pas de problème pour les Taiwanais, mais gros problème pour moi !

Pour ce qui est du Hanyu pinyin, il n'est pas nécessaire de connaître les tons, le logiciel devine ce que vous voulez dire en fonction du contexte, et en général ça fonctionne bien.

Sous Windows(et sous Mac OS, je crois), vous pouvez utiliser la méthode Hanyu pinyin et demander au logiciel d'écrire du chinois traditionnel.

En revanche, cette option n'existait pas sous Linux...

J'ai passé des années à chercher une solution, en vain : les gens qui écrivent en chinois traditionnel se fichent du Hanyu pinyin, et ceux qui écrivent en Hanyu pinyin se fichent du chinois traditionnel...

Heureusement, un nouveau système a vu le jour pour Linux : iBus. Et ce nouveau système embarque différents modules qui permettent de taper à peu près n'importe quelle langue. La version livrée avec la dernière version d'Ubuntu n'a pas encore le système qui m'intéresse, mais il est heureusement possible de l'installer très facilement en suivant l'article de Benoît.

Bref, vous n'imaginez pas à quel point ça va me changer la vie !

2010 janv. 17

Mon année 2009 en photos

2009 n'a pas vraiment été riche en photographies de mon côté. Néanmoins, voici quelques clichés glanés au fil des mois... Vous pouvez aussi retrouver mon année 2008 en photos.

Rue de Rivoli, la nuit

Dans le froid parisien de ce mois de janvier 2009, j'ai retrouvé quelques fanas de photos pour une soirée shooting. En rentrant chez moi, tard le soir, je me retrouve seul sous les arcanes de la rue de Rivoli. Il fait froid, Paris est belle.

Benjamin Lejean en plein chorus bis

Le caveau des oubliettes est rapidement devenu mon club de Jazz favori : entrée gratuite, cocktail mortel (vive le Rhum-rhum vanille !), et des concerts tous les soirs. Ici, mon pote Benjamin Lejean à la guitare avec son groupe l'Esprit de la Maison (d'autres photos sont dispo dans un précédent article).

On the Great Ocean Road

Fin mars, je m'envole pour l'Australie. Peu de temps libre, mais un pays gigantesque et superbe (d'autres photos ici : Melbourne, Sydney, Queensland).

Appendicite

Fin juillet, je découvre les joies de la crise d'appendicite (盲腸炎, máng cháng yán en chinois) et des hôpitaux taiwanais.

Sur l'herbe du festival de musique Taoyuan Terminals

Un peu de répit musical sous la chaleur étouffante du mois d'août, et je redécouvre avec plaisir le rock indépendant taiwanais.

Tarte au citron meringuée

Septembre, retour au bercail pour comparer les hôpitaux français et taiwanais. J'en profite pour monter quelques blancs en neige et faire une tarte au citron meringuée. Celle-ci est un peu trop acide...

Yamaha P155

À peine retourné dans mes pénates taipéennes, je m'offre un piano électronique. Objectif : me « dénulliser » du piano. Objectif très partiellement atteint, je l'avoue, mais je ne désespère pas !

Taipei vue du haut de la tour 101

Je grimpe enfin la tour Taipei 101 (et non, je n'y étais monté ni en 2004 ni en 2006 !) et découvre Taipei sous un jour nouveau... presqu'inquiétant, sur cette photo !

Ballons flottants dans le ciel de Taipei

Au sortir d'un festival de design japonais, à Taipei. Le jour tombe, les couleurs changent, de gros ballons flottent dans le ciel, l'air est frais, je suis heureux d'être ici.

Lampadaire à Danshui

Un samedi à Danshui. Je vous épargne les hordes de promeneurs et cyclistes, les berges de la rivière Danshui et les clichés du coin (que vous pouvez retrouver ici quand même). Là encore, en quelques minutes la luminosité change, la nuit approche.

Huîtres et saumon fumé

Ce n'est pas parce que je suis à Taiwan que je vais me laisser aller pour les fêtes de Noël !

High heels after party

Après la fête, elle a enlevé ses talons-aiguille, a mis un pull et s'est assoupie sur le sofa.

Toits de temples à Tainan

Quelques jours avant 2010, je file au sud de l'île retrouver des temples que j'avais, pour certains, déjà visités. Atmosphère chargée d'encens et d'histoires que je ne connais pas.

On verra comment se déroule 2010 d'un point de vue photographique ! En attendant, je retourne à mes cours de chinois.

2010 janv. 11

Médecine taiwanaise

Depuis quelques temps, je me traîne un petit problème cutané. Rien de bien méchant, mais suffisamment gênant pour que je décide d'aller voir un toubib.

Ce soir, je rentre chez moi vers 19h30, mon coloc' m'aide à chercher une clinique ou un hôpital avec un service de dermatologie. On en trouve un pas très loin de chez nous, on appelle pour vérifier s'ils sont toujours ouverts... oui, c'est bon, c'est ouvert jusqu'à 21h30.

On y va, on remplit un formulaire, je suis enregistré, on me donne un papier avec un numéro dessus et on me conduit jusqu'à la salle d'attente. À peine le temps de m'asseoir que mon numéro est appelé.

Le toubib parle anglais, il m'ausculte, me demande mes antécédents, m'explique (comme prévu) que ce n'est rien de grave, me prescrit un traitement local de quelques jours. La secrétaire médicale me remet un papier, la consultation est terminée.

Retour à l'accueil où je règle la consultation : 500 NT (environ 10 EUR), puis je passe à la pharmacie qui se situe juste à côté de l'accueil et où la prescription médicale a été envoyée. Elle est déjà prête (il s'est écoulé moins de cinq minutes depuis que je suis sorti du bureau du médecin), et me coûtera 50 NT (environ... oui bon vous savez compter).

Au total, moins de 15 minutes, et 550 NT pour un rendez-vous après 20h avec un médecin anglophone. Et encore, 550 NT c'est le prix fort parce que je n'ai pas d'assurance locale.

Non, franchement, Taiwan, c'est cool quand même.

2010 janv. 6

Temples

Mardi 29 décembre, midi. Je suis accoudé à la fenêtre d'un train qui roule tranquillement jusqu'à Tainan, l'ancienne capitale de l'île. Le soleil innonde le wagon, et mon regard se perd dans le bleu du ciel... Il n'y a pas beaucoup de soleil en ce moment, alors j'en profite !

Tainan, c'est une ville merveilleuse. Déjà, elle est sensiblement plus basse que Taipei. Pas de gratte-ciel à tout bout de champ ni de tour-qui-a-été-la-plus-haute-du-monde-à-un-moment-de-la-vie.

Simplement des temples, d'anciennes fortifications érigées par les Hollandais au XVIIème siècle, des stèles avec du mandchou dessus...

Le jour suivant, escale à Lu Gang pour voir d'autres temples, puis un petit détour par Taizhong pour aller voir une expo au musée d'art moderne (apparemment, un des meilleurs musées de Taiwan) et dîner avec une potesse, puis retour à la case départ le lendemain...

En bon athée que je suis, je ne connais pas grand'chose aux religions, encore moins aux religions comme le bouddhisme ou le taoisme qui ne touchent presque pas la France. Ce qui me rassure, c'est que la plupart de mes amis taiwanais n'ont pas l'air d'en connaître toutes les ficelles non plus, et j'ai l'impression que si je veux en savoir davantage, il va me falloir parler avec les anciens un peu plus souvent !

Toits de temples à Tainan

En tout cas, quand on entre dans un temple, la première chose qui frappe, c'est cette puissante odeur d'encens qui flotte en permanence à l'intérieur des lieux. Lorsque les gens viennent prier, et quelles que soient les divinités invoquées, ils disposent des bâtons d'encens dans des vasques au milieu de la salle ou près des représentations divines.

Dans la religion taoiste, il y a une divinité pour chaque chose. Il y a un dieu du sol, comme il y a un dieu de la scolarité. Les gens viennent demander de une aide ou un conseil à ces dieux en fonction de leur besoin. Oui, il est possible de demander de l'aide à un dieu, grâce à deux morceaux de bois peints en rouge en forme de croissant de lune. Les Taiwanais appellent ça boa bwei, mais personne ne sait l'écrire alors pardonnez la transcription approximative. Il s'agit de poser une question à la divinité concernée, puis de jeter à terre les deux morceaux de bois ; en fonction de leur position, on en déduit la réponse... ne m'en demandez pas plus, je n'en sais rien.

Statuettes taoistes, Tainan

Dans la religion bouddhiste, on ne vénère qu'un seul dieu : Bouddha. Même s'il existe beaucoup de statues de ses bodhisattvas (en particulier de Guanyin), la grande différence entre un temple taoiste et un temple bouddhiste se situe là, au niveau du nombre de statues et statuettes qui les peuplent.

Au niveau linguistique, voici une astuce imparable qui permet de distinguer un temple taoiste d'un temple bouddhiste : 寺 (sì), c'est un temple taoiste, et 宮 (gōng) un temple bouddhiste.

Les Chinois étant obnubilés par l'argent, il est impensable que leurs ancêtres n'en soient pas pourvus eux aussi ! C'est pourquoi à côté de chaque temple il est possible d'acheter de l'argent pour les fantômes sous forme de billets jaune et rouge qu'on va brûler pour les envoyer dans l'au-delà.

Argent pour les fantômes

Ce que j'aime dans les temples taoistes, c'est la représentation des êtres maléfiques qui emportent les âmes en Enfer. Enfin, c'est l'histoire que je me suis faite... de grandes statues à la peau noire, aux yeux remplis de colère et aux traits déformés par la méchanceté, je me dis que si j'avais vu de telles choses en étant petit garçon, j'aurais fait plus d'un cauchemar !

Statue maléfique, Tainan

Statue maléfique, Tainan

Je vous laisse avec quelques clichés, et cette enivrante odeur d'encens qui flotte tout autour...

Ornement du temple dédié à Dame Linshui, Tainan

Temple de nuit, Tainan

Divinité liée à la scolarité, Tainan

Fort Proventia, Tainan

Fort Proventia, Tainan

Temple Longshan, Lu Gang

Ornement peint sous le toit du temple Longshan, Lu Gang

P.S. : ah oui, bonne année sinon !

2009 nov. 8

Ubuntu 9.10

Jusqu'à présent, j'étais resté sous Ubuntu 8.04 car les nouvelles versions ne fonctionnaient pas sur mon ordinateur portable Asus à cause d'un bug d'affichage très gênant qui rendait l'écran impossible à regarder.

Une discussion était en cours sur launchpad depuis un moment déjà, et Tormod Volden a récemment sorti un patch pour corriger ça.

J'ai donc installé la toute dernière version d'Ubuntu, Karmic Koala, et mis à jour le serveur graphique en utilisant les dépôts de secours mis en place. Et ça marche comme un charme !

Beaucoup de choses ont changé (entre la 8.04 et la 9.10, il s'est quand même écoulé un an et demi !) et c'est très agréable de se retrouver avec un PC tout neuf pour pas un rond.

Bref :

  • Installation rapide et sans bavure
  • Machine semblant sensiblement plus réactive qu'avant
  • Micro-casque reconnu du premier coup
  • Plein de nouvelles fonctionnalités dans les applis, puisque nouvelles versions en pagaille !

Un début d'hiver à Taiwan

C'est la première fois que je vais passer un hiver à Taiwan.

Mes amis sur place m'avaient prévenus : il ne fait pas très froid, mais l'humidité transperse les vêtements, et il est alors très difficile de se protéger du froid.

Et bien, l'hiver a commencé mardi avec un frond froid venu de Mongolie. Treize degrés, et obligation de porter pour la première fois un pull.

Et il s'est terminé mercredi.

Hier, il faisait 29 degrés, et aujourd'hui 32.

C'est un peu étonnant de voir quelques vitrines arborer des décorations de Noël alors qu'on est soi-même en short et T-shirt !

Voilà, je souhaite un bon courage à mes amis restés en France, ainsi qu'à ceux, encore plus téméraires, partis au Canada.

2009 oct. 23

Le scandale de Yahoo! Taiwan et de ses lap-danceuses

La nouvelle se propage depuis quelques jours sur le réseau des réseaux, et les bien-pensants s'en donnent à cœur-joie : Yahoo hires lap-dancers to entertain at its open, inclusive Hack Day event.

Pour résumer, le week-end dernier avait lieu à Taipei un Hack Day organisé par Yahoo!. Cet événement était ouvert à tous, homme ou femme, et s'il déchaîne les passions, c'est parce que des filles légèrement vêtues faisait du lap-dancing sur les genoux de quelques geeks qui devaient suer à grosses gouttes.

Depuis, Yahoo! s'est confondu en excuses, a promis que plus jamais, que quand même, que vous comprenez ma bonne dame.

Effectivement, difficile d'imaginer une telle chose en Europe ou en Amérique du nord. Cependant, à Taiwan, il n'y a absolument rien d'étonnant à voir ce genre de choses dans un événement public comme celui-là. Explications.

Tout d'abord, il faut bien avouer que les relations hommes-femmes sont très différentes de ce qu'on trouve dans les pays européens. Même si la situation commence doucement à changer, une femme reste inférieure, professionnellement parlant, à un homme. Elle aura un salaire inférieur, un poste avec moins de responsabilités, etc. Simone s'en retourne dans sa tombe. Certains jobs sont réservés exclusivement aux femmes. Par exemple, il est absolument impensable d'être infirmier ici. S'occuper des malades, c'est un boulot de fille, un point c'est tout.

betelnut-beauty.jpg Puisqu'on parle de petite tenue, je me dois de vous parler des Betelnut beauties. En chinois, on dit 檳榔西施, bīnláng xīshī. 西施, c'est le nom d'une des quatre beautés de la Chine antique. Bref, ces beautés travaillent dans des boutiques au bord des routes et vendent des noix de Bétel, des boissons et des chewing-gums. Je vous invite à faire un tour sur une galerie Flickr qui leur est consacrée afin de vous rendre compte du phénomène.

Sur la route que je prends pour aller au boulot tous les jours, il y a une bonne dizaine de boutiques de ce genre, et un collègue français m'a demandé, la première fois qu'il est venu : elles ont pignon sur rue les putes ici ?!

Il a fallu que je lui explique pendant un bon moment avant qu'il me croie qu'il ne s'agissait pas de prostitution... quoi que, d'après mes amis taiwanais et les chauffeurs de taxi avec qui j'ai pu discuter, si on achète une certaine quantité de noix de Bétel, on a droit de toucher leur poitrine ! Je n'ai pas encore essayé mais je ne reculerai devant aucun sacrifice pour vous faire partager, chers lecteurs, la délicieuse expérience... des noix de Bétel. Mais je m'égare.

Donc nous avons à ma gauche les vendeuses de noix de Bétel, et à ma droite les babes qui sillonnent les salons d'informatique dont je vous avais déjà parlé en 2004 et en 2006. Ah, et puis il y a aussi les racoleuses dans les bars qui veulent vous faire boire de la bière ou vous faire fumer des cigarettes, tout ça parce qu'elles sont moulées dans des vêtements trop courts à l'effigie de Heineken ou de Marlboro. Et c'est sans parler des nanas en micro-jupes et talons aiguilles qui vendent des jus de fruits dans les marchés de nuit en appâtant le chaland avec leur voix mièvre et haut perchée. Comme vous le constatez, on retrouve ces charmantes demoiselles un peu partout.

Histoire d'enfoncer le clou, il faut savoir que dans tout mariage taiwanais qui se respecte, il y a des strip-teaseuses... Je me souviens du récit d'une amie qui avait assisté à ça lorsqu'elle était toute petite. Au moment où la fille avait arraché son soutien-gorge, une main chaste était venue se plaquer sur les yeux de ma potesse, qui regrettait bien de n'avoir pas pu voir à quoi ressemblait la poitrine d'une fille qui avait trois fois son âge...

Avant de hurler au scandale, il faut donc essayer de comprendre l'environnement dans lequel tout cela se passe, et comprendre que ce qui peut paraître dégradant à un endroit (Cory Doctorow parle carrément de travailleuse du sexe dans son article !) ne l'est pas forcément à un autre...

(la photo utilisée pour illustrer cet article est de Tobie Openshaw, mais je n'ai pas réussi à comprendre si elle était copyrightée ou sous licence Creative Commons)

2009 oct. 11

1010

Non, je n'ai pas décidé d'écrire le titre de mes articles en binaire. Simplement, hier, 10 octobre, c'était la fête nationale taiwanaise. Les Taiwanais sont assez friands de ce genre d'écriture. Ainsi, parler de 1010, c'est évidemment parler de la fête nationale ; écrire 921 rappelle de mauvais souvenirs aux habitants de l'île qui ont vécu un terrible séisme il y a un tout petit peu plus de dix ans ; le 228 évoque le sombre passé du Kuomintang, parti politique actuellement au pouvoir...

Je suppose que les médias français ne se sont pas trop gargarisés sur le sujet, parce qu'en comparaison des strass et paillettes du soixantenaire de la naissance de la République populaire de Chine[1], on ne peut pas dire qu'il se soit passé grand'chose ici. Comme on m'avait dit si ce n'était pas tombé un samedi, on aurait eu un jour férié !, je m'attendais à un jour mort, avec devantures fermées, rideaux de fer tombés, calme plat dans les rues... Et bien pas du tout !

À vrai dire, la seule différence que j'ai remarquée, c'est la présence bien plus forte que d'habitude de drapeaux de la République de Chine : à l'entrée des collèges et des lycées, suspendus aux immeubles, et plantés sur les terre-pleins centraux autour de Taipei 101.

Du coup, j'ai passé l'après-midi dehors à me promener avec des amis dans le quartier de Xin Yi (quartier des affaires et des grands magasins). J'ai découvert que la section Jazz des magasins Eslite (équivalent local de notre Fnac pour la partie culturelle) regorgeait de disques, dont certaines raretés, alors qu'il n'existe presqu'aucun club de Jazz et que la population locale ne m'a vraiment pas l'air d'en écouter beaucoup, à mon grand désarroi.

Lorsque la nuit est arrivée, nous avons évité le flux des clubbers convergeant vers les boîtes nichées tout autour de Yi-Ling-Yi en mettant le cap sur la marché de nuit de Tong Hua où j'ai mangé un sandwich vietnamien qui m'a rappelé ceux que je mangeais dans la petit boutique jouxtant le grand supermarché Tang Frères dans le XIIIème arrondissement de Paris. Miam !

Notes

[1] Alias Les méchants d'en face

2009 sept. 30

Le jour des enseignants

Tandis qu'en France on remercie les jeunes enseignants d'avoir choisi ce métier en les envoyant en ZEP se faire tabasser, à Taiwan ils bénéficient d'une attention un peu différente.

Le 28 septembre, c'est le jour des professeurs (教師節, jiāoshījíe), fêté le jour de la naissance de Confucius. À cette occasion, les enseignants reçoivent une attention particulière de la part de leurs élèves mais aussi du reste de la société.

Amusante coïncidence, cette semaine je donne une formation au boulot. Du coup, lundi matin, j'ai reçu de la part de mes étudiants (qui sont tous plus âgés que moi !) une boîte de très bon thé Oolong.

Thé Oolong

Ils en ont profité pour m'expliquer qu'il y avait plusieurs façons de faire infuser le thé. Si je connaissais déjà l'infusion dans de l'eau bouillante, j'ai découvert qu'on pouvait aussi le laisser infuser dans de l'eau au frigo ! Évidemment c'est sensiblement plus long (entre six et huit heures), mais il paraît que ça vaut le coup... C'est en cours, verdict demain.

2009 sept. 26

Alive!

Ne suis pas mort. STOP

Opération effectuée avec succès. STOP

Retour à Taipei dimanche dernier. STOP

Beaucoup de boulot. STOP

Raaaah j'ai jamais réussi à écrire un seul article de façon concise !

Bref, je suis un peu comme ak en ce moment ; j'aime toujours écrire des articles sur mon blog, mais j'ai l'impression de trop tourner en rond. De plus, la vie qui m'était extraordinaire en 2004 est devenue banale en 2009 : je ne sais plus trop de quoi parler.

Alors, cher lecteur, si tu lis ce blog de façon régulière, peux-tu m'expliquer pourquoi ? Qu'est-ce que tu aimerais voir ici ? Des récits de vie, des anecdotes, des photos, des coups de gueules, des chroniques, des articles sponsorisés ?

2009 sept. 1

Asphalte parisienne

Pardonnez ma longue absence blogesque.

Non, je n'ai pas été emporté par le typhon Marokot. J'aurais pu vous en parler d'ailleurs, de ce typhon qui a ravagé le sud de l'île, qui a fait couler beaucoup d'encre même dans la presse française, et qui a laissé derrière lui des centaines de morts, mais voilà, vu de Taipei, il ne s'est rien passé. La photo de mon précédent billet a été prise le jour où le typhon est passé sur l'île, et vous avouerez qu'il n'y a rien d'extraordinaire dans ce cliché.

Je me suis d'ailleurs assez fermement ennuyé ce jour là, et je croyais que les images de cotes dévastées par les eaux qu'on nous montrait à la télévision étaient des images d'archives...

Bref, toujours est-il qu'à l'heure où j'écris ces lignes, je suis en mesure de humer l'odeur de l'asphalte parisienne humidifiée par l'averse. C'est plaisant, même si j'aurais aimé redécouvrir Paris dans d'autres circonstances.

Je ne sais pas si c'est l'affaire de la chambre 404 qui m'a vraiment porté malheur, mais cet été fût riche en rebondissements chirurgicaux de toutes sortes : arrivé à Taipei depuis trois semaines à peine, j'expérimentai avec une indicible joie les urgences de l'hôpital adventiste de Taipei pour une crise d'appendicite qui s'est transformée en péritonite. Résultat des courses, sept jours d'arrêt et des fantasmes culinaires à la pelle[1]. Voyons le bon côté des choses : tout ça m'a permis de réaliser le rêve de toute lectrice de magazine féminin à l'approche de l'été, puisque j'ai perdu presque dix kilos en un peu plus d'un mois. Finalement, l'idéal Weight Watchers tient en peu de choses : une température infernale, une humidité abominable, et une petite péritonite par-dessus tout ça.

Maintenant, c'est au niveau du crâne que ça se passe. Un morceau de bidoche et un bout d'os maxillaire en moins, et je devrais être sur pieds pour de nouvelles aventures taiwanaises !

Retour à la normale prévu dans une petite quinzaine de jours, donc. Même si d'ici là, je ne serai plus trop en mesure de humer quoi que ce soit...

Notes

[1] qu'on me pardonne, mais après cinq jours sans rien avoir le droit d'avaler, puis deux jours avec des bouillons de navet et du riz bouilli fade, je n'avais pas d'autre alternative que de baver en pensant à un bon gros morceau de barbaque avec des frites

2009 août 8

Les joueuses de mahjong

Les joueuses de mahjong

Note pour plus tard : apprendre le mahjong.

2009 août 7

Trouver un logement n'est pas une mince affaire

La première fois que je suis venu à Taiwan[1], j'avais trouvé une colocation via la liste de diffusion des Francophones de Taiwan. La deuxième fois, c'était via le site TEALIT.

Cette fois, j'avais le temps de chercher et un budget logement sensiblement supérieur à celui de mes voyages antérieurs.

J'ai commencé par éplucher les sites Internet, et en particulier les sections 出租 (chū zū, locations) de Yahoo! Auction (encore très répandu en Asie contrairement à l'Europe où il a été étouffé par la concurrence) et de Kijiji. 591 a aussi été une piste très intéressante, le site étant dédié au marché de l'immobilier et possédant un système de recherche assez bien fichu qui permet de filtrer les réponses en fonction du prix, de l'endroit, du nombre de chambres et d'autres paramètres.

Malheureusement, j'ai oublié beaucoup de choses en chinois depuis 2006, et il n'était donc pas évident de discuter contractuel avec les personnes qui me faisaient visiter ! J'avais déjà du mal à demander s'il y avait un frigo, alors vous imaginez pour discuter des mensualités et du dépôt...

Comme mes recherches ne donnaient rien de vraiment concluant, je me suis rabattu sur une ou deux agences qui m'ont fait visiter un paquet d'appartements dans la même journée. L'avantage, c'est qu'on peut leur expliquer précisément ce qu'on cherche. L'inconvénient, c'est que si on signe un bail grâce à cette agence, il faut lui verser une somme (en général, la moitié d'un mois de loyer).

Visites : stupeur et tremblements

Selon les quartiers de Taipei, les logements changent. Dans le quartier de Xinyi, qu'on pourrait plus ou moins qualifier de quartier des affaires, les immeubles sont en général très récents ; en revanche dans d'autres quartiers, les immeubles datent des années 60 ou 70. Ces immeubles, qui étaient sans doute tous plus ou moins identiques à l'origine ont évolué au fil des années et il est parfois étonnant de noter les différences entre deux immeubles connexes.

Dans les immeubles récents, c'est une débauche de paillettes et fanfreluches dès le hall d'entrée : des halls marbrés gigantesques souvent ornés de fontaines ou de mares où des carpes évoluent aussi mollement que les gardes qui sont censés assurer une sécurité maximale à l'ensemble de l'immeuble et ce, 24 heures sur 24. Je ne parle évidemment pas de l'ouverture électronique des portes et des ascenseurs climatisés réfrigérés, activables uniquement avec une carte magnétique et qui vous indiquent tout de façon vocale[2].

Le coup des gardiens a fait partie de mes chevaux de bataille. À force de visiter les appartements, je me suis mis à refuser systématiquement tout appartement situé dans un immeuble gardé. Les raisons sont simples :

  • Je déteste être fliqué, et les milliers de caméras installées partout dans la ville me sont déjà assez pénibles ;
  • Taiwan, c'est Bisounours-land. Une fille pourrait s'y balader en bikini à quatre heures du matin sans rencontrer le moindre problème. Un garde ne sert donc strictement à rien. Non, vraiment ;
  • Ça coûte cher : les loyers montent dès qu'il s'agit d'un building gardé, et je pense qu'il faut compter entre 4000 et 5000 NT par mois (soient une centaine d'euros) pour ce genre de service.

Seulement voilà : la plupart des immeubles situés dans le centre de Taipei sont gardés. Impossible ou presque d'y échapper ! Alors il faut s'excentrer un peu.

Deuxième problème : la place. En visitant des appartements par moi-même, j'ai rencontré un Canadien qui avait vécu un an dans un appartement minuscule, avant de trouver l'appartement qu'il s'apprêtait maintenant à quitter pour rentrer au bercail, bien plus grand et lumineux. Il se demandait comment il avait fait pour ne pas devenir fou dans son appartement précédent, lui qui vient d'un pays où les maisons sont toutes plus grandes les unes que les autres. Et des appartements minuscules, j'en ai vus... minuscules et sombres. C'est que les Taiwanais sont bons en calcul : les appartements de taille familiale des immeubles situés dans les quartiers centraux sont rachetés, puis scindés en deux ou trois appartements de taille bien plus petite, et totalement rénovés. Résultat : des appartements de la taille d'une petite chambre d'hôtel loués à prix d'or, avec sol en marbre dans la salle de bain et climatisation dernier cri, mais sans fenêtres. Mais évidemment, louer trois appartements, c'est beaucoup plus lucratif que d'en louer un seul...

Enfin, certains appartements contiennent une ou deux chambres à la japonaise, c'est-à-dire avec un plancher surélevé et une porte coulissante. Charmant, mais vraiment pas indispensable dans un endroit où la place est comptée ! D'autant que je me voyais mal, mon mètre quatre-vingts et moi, agenouillés devant une table basse à faire de la calligraphie...

La superficie : vie publique, vie privée

Les Taiwanais ont adopté le système métrique, mais personne n'utilise les mètres carrés pour parler de la superficie d'un appartement ou d'une maison. Ils parlent en pings (坪), un ping équivalant à 3,306 mètres carrés. À première vue, la visite d'un appartement estampillé "25坪" fait donc saliver !

Seulement voilà : la superficie inclut les parties publiques ! Autant dire que quand on entre dans un immeuble doté d'un hall d'entrée luxuriant, on sait d'office qu'on va visiter un clapier. Vous comprenez donc pourquoi le coup des halls d'entrée pharaoniques a aussi fait partie de mes chevaux de bataille.

Tout est bien qui finit bien

Je commençais vraiment à désespérer avec mes recherches infructueuses, mais j'ai fini par trouver un appartement via une agence qui se situe au sommet d'un immeuble ni trop récent ni trop vieux (donc sans gardien particulier ni hall d'entrée titanesque) et qui, comble du bonheur, est très lumineux. Pensez donc : je peux prendre ma douche matinale sous les rayons du soleil !

Et comme si ça ne suffisait pas, j'ai hérité d'une grande terrasse qui, si mon côté Valérie Damidot se réveille, se transformera un peu dans les semaines à venir...

Je dis que trouver un logement n'est pas une mince affaire, mais comparé à Paris c'est sûrement beaucoup plus simple : ici, les prix sont négociables (vive la crise !), on a du temps pour réfléchir, et on n'a pas besoin de montrer patte blanche (et compte bancaire approvisionné) sur cinq générations pour pouvoir signer le bail !

Clés d'appartement

Notes

[1] J'ai comme l'impression que je vais commencer beaucoup d'articles par cette phrase...

[2] Au moins, ce dernier point évite l'embauche d'une esclave des temps modernes, j'ai nommé la préposée à l'ascenseur des grands magasins de l'île.

2009 juil. 24

Conduire à la taiwanaise

Lors de mes précédents voyages à Taiwan, j'avais eu l'occasion d'apprécier les talents de pilote des motocyclistes taiwanais. C'était sans compter sur les prouesses des automobilistes en règle générale !

Mon job actuel étant en dehors de Taipei, j'ai la chance d'emprunter chaque matin l'autoroute en compagnie de tous les Taiwanais qui partent bosser en voiture.

Pour faire simple, disons que les Taiwanais ne conduisent pas mal, ils conduisent juste... différemment.

Lors des premiers voyages, ça fait peur. Très peur, même. Mon enfance passée en Europe m'avait fait croire naïvement qu'il n'y avait que dans les courses poursuites de films d'action que les véhicules doublaient à droite, à gauche, en zigzaguant entre les files, en roulant ostensiblement sur les zébras et sur les bandes d'arrête d'urgence pour gagner 30 mètres... mais non ! C'est comme ça que ça se passe quotidiennement à Taiwan.

Pour qui n'est pas habitué, autant dire que ça fait très bizarre. Mais, au fil des jours, on s'y fait, d'autant que ce qu'on prenait pour une furieuse animosité n'est en fait qu'un comportement naturel, presqu'amical. Les Taiwanais ne klaxonnent jamais pour montrer leur énervement, mais simplement pour signaler leur présence, au contraire de la France...

Petit exemple pratique : prenez une route avec deux voies. Deux voitures roulent côte à côte à la même vitesse. Est-ce que vous pensez que celle de gauche va tenter de faire quelque chose pour se rabattre ? Ah... vous êtes candide ! Les deux autos peuvent rester ainsi jusqu'à ce que l'une d'elle se décide à emprunter une sortie (si possible en se rabattant au dernier moment en jouant du pare-choc pour gagner quelques places dans la file). Et les appels de phare n'y ferons rien !

Malgré tout, force est de constater que le nombre d'accidents n'a pas l'air particulièrement élevé. Et pourtant, il faut voir les cercueils roulants[1] se frayer un chemin à toute allure sur l'aurotoute, ou comment les taxis arrivent à se glisser entre les motos (à moins que ça ne soit l'inverse ?) aux feux rouges...

Bref, la conduite à Taiwan, c'est un état d'esprit !

Notes

[1] c'est comme ça que j'appelle les petites camionnettes rouges ou bleues

2009 juin 30

La Chine contre-attaque

Surréaliste. Pourtant, on m'avait prévenu quelques heures auparavant, mais je n'y croyais pas vraiment.

Il est 13h30, et les avenues qui sont d'habitudes remplies d'un flux ininterrompu de voitures, de bus et de scooters sont vides. Les trottoirs qui bordent lesdites avenues sont elles aussi orphelines, personne n'est là pour les fouler.

Le soleil rayonne à travers les arbres plantés de chaque côté de la route, et pour la première fois j'entends le cri d'un oiseau tropical qui se répète inlassablement.

Soudain, un agent de la sécurité m'interpelle en me faisant de grands signes pour me dire de rentrer dans un bâtiment où, du reste, je n'ai rien à faire.

Les taxis sont sagement rangés le long des voies de circulation, et quand, par malheur, un cycliste ou un automobiliste passe, l'agent recommence son petit manège à l'aide d'un sifflet. Et ça marche à tous les coups ; même les grosses berlines à vitres fumées s'arrêtent et se rangent le long du trottoir.

D'après ce que je comprends, dans trente minutes, c'est fini. Et moi qui me faisait une joie d'avoir enfin pu retourner à Taiwan !

Autour de moi, ça ne semble interpeller personne, et chacun reste sagement à l'ombre d'un immeuble ou d'un arbre en attendant "la fin".

14 heures. Une sirène retentit. Des gens sortent de partout, et les automobiles et autres motos sont à nouveau au feu ; je ne sais même pas d'où tous ces véhicules sortent ! La cacophonie de saxons et le grondement de la ville reprennent de plus belle.

Fin de l'entraînement militaire. Avec ça, pas de doutes : le jour où la Chine attaque, ils seront prêts. En revanche, j'ignore à quoi.

2009 juin 29

Poisseux, mais heureux

Avec le temps, on apprend à relativiser. Par exemple, quand on voyage pour la première fois de sa vie hors d'Europe, on trouve que 13 heures d'avion, c'est plutôt long. Mais quand on a vécu un Paris-Melbourne et ses 23 heures de zinc, on se dit que finalement, 13 heures c'est presque négligeable[1].

Et puis on apprend aussi à relativiser quand c'est la deuxième fois que son bagage est perdu, même si, la fois précédente c'était beaucoup moins grave puisque c'était au retour au bercail, et qu'on avait donc d'autres fringues... Là, je dois me contenter de ce que j'avais sur moi à l'arrivée et quelques polos donnés par un collègue. Sympa, surtout l'été à Taipei !

Car j'ai pu goûter dès la fin de matinée à cet été chaud et poisseux qu'on trouve sous les latitudes tropicales, et donc à Taiwan dès le mois de mai. La moindre petite promenade vous fait vous sentir poisseux... Mais dans mon cas, poisseux, mais heureux !

Car me revoilà à arpenter les rues naturellement, à commander un thé au citron, à prendre le métro avec ma vieille Yoyo card (qui fonctionne toujours !)... quelle étrange sensation : la voix du métro qui égrène le nom de chaque station en mandarin, minnan, hakka et anglais, les gens qui montent et descendent de ces rames impeccables, les escalators et leur rebord jaune... Une chose a changé, quand même : chaque quai est désormais équipé de portails (comme la ligne 14 du métro parisien), chose qui n'existait pas lors de mon dernier séjour.

La chambre d'hôtel dans laquelle je réside porte le numéro 404, un nombre qui ferait hurler d'effroi n'importe quel Taiwanais tant la charge superstitieuse qui l'entoure est lourde (le chiffre quatre se prononçant comme mort en chinois), mais qui me fait plutôt rigoler en tant que geek (Stéphane,si tu lis cet article, tu as carte blanche pour un bon mot !).

La nuit tombe, il est l'heure d'aller faire un tour dans le quartier de Shida où j'ai passé tant de temps en 2006... Presque rien n'a changé : les restaurants sont à la même place, les magasins aussi (pour la plupart), je reconnais même certains vendeurs. Le difficile moment du repas approche : que choisir pour mon premier dîner de l'année 2009 en sol taiwanais ? Mon choix se porte sur les zha jiang mian, ces nouilles coupées grossièrement et servies avec une sauce à la viande relevée, sans soupe. Un régal qui me rappelle ces mêmes nouilles, trois ans auparavant. Rien n'a bougé, même pas le prix : moins de deux euros pour un grand bol.

Sliced noodles

Je finis ma virée à Ximending, le quartier des jeunes qui est animé jusque tard quel que soit le jour de la semaine. J'y croise une vendeuse de fruits, un graffiti de potiron en pixel-art, et des tas de scooters qui laissent de drôles de volutes de fumée mélangées aux rayons de lumière de leurs phares...

Vendeuse de fruits à Ximending

Pumpkin graffiti à Ximending

Rayons de lumière à Ximending

Il est l'heure d'aller dormir. Demain, chasse à la valise, examen médical et début des hostilités administratives pour obtenir tout ce dont j'ai besoin pour vivre et travailler à Taiwan durant les deux prochaines années.

Notes

[1] En fait c'est surtout à la correspondance que ça fait du bien : dans un cas il reste encore 10 heures de voyage, alors que dans l'autre il n'y a plus qu'1 heure 30.

2009 juin 28

H-12

Dans quelques heures je décolle. J'ai encore un peu de mal à réaliser, mais je quitte Paris avec une pointe de tristesse...

En attendant, il faut que j'arrive à rendre mes bagages suffisamment légers pour ne pas avoir d'emmerdes à l'aéroport. C'est pas gagné. D'ailleurs, je ne sais pas ce que je fais devant mon écran !

Bref, ce blog va donc reprendre son rôle original : raconter ma vie (passionnante) à Taiwan.

Made in Taiwan saison 3, ça commence maintenant.

2009 juin 22

C'est l'été !

Groseilles

Bon été à tous !

2009 juin 2

Créer une image d'un DVD Vidéo sous Ubuntu Linux

Comme je pars bientôt très loin, que je viens d'investir dans un disque dur externe et que je n'ai pas envie de me trimballer avec tous mes DVD vidéo, je veux créer une image disque de mes DVD pour les mettre sur mon disque dur externe.

Sous Ubuntu, ça se fait en deux coups de cuillère à pot :

mkisofs -dvd-video -quiet -o dvd.iso /media/cdrom/

dvd.iso est le nom que vous voulez donner à l'image, et /media/cdrom le chemin (par défaut sous Ubuntu) vers le DVD physique.

Ensuite, si vous voulez lire votre film, il faut le monter :

sudo mount dvd.iso /media/image_dvd -o loop

Il faut au préalable s'assurer que le chemin (/media/image_dvd dans notre cas) où on veut monter l'image existe.

Et voilà... on peut le lire très facilement avec VLC et compagnie.

Bien entendu, s'il s'agit d'un DVD Vidéo protégé, il faut suivre la procédure pour faire sauter la protection sous Linux (et oui, nous autres Linuxiens sommes de sales rebelles mangeurs de bébés, même quand il s'agit de disques que nous avons achetés).

2009 mai 31

Ubuntu 9.04 sur un PC un poil exotique

Ubuntu Jaunty Jackalope La dernière version d'Ubuntu Linux, surnommée Jaunty Jackalope, est sortie il y a un peu plus d'un mois maintenant ; je l'ai installée sans aucun soucis sur le portable de ma soeur il y a deux semaines, mais il s'agit d'un portable Dell vendu avec Ubuntu. En revanche, j'appréhendais un peu plus l'installation sur le PC de ma maman, un vieux coucou[1] doté de périphériques un peu « exotiques ».

Ledit PC est historiquement sous Windows depuis des années ; mon père l'utilisait beaucoup pour faire du montage vidéo et jouer à Flight Simulator, deux choses pour lesquelles Linux ne propose pas encore d'alternatives viables[2]. En revanche, ma mère a une utilisation beaucoup plus simple du système : Internet, e-mails, photos, traitement de texte et c'est à peu près tout. En outre, le PC met maintenant quatre minutes à démarrer (Windows y a été installé pour la dernière fois il y a plus de deux ans, vous imaginez).

Le PC dispose d'une webcam de chez Logitech (un modèle dont j'ai oublié la référence mais qui n'est plus tout jeune), d'une carte Wifi PCI dotée d'une puce qui était inconnue de Linux l'année dernière, d'une imprimante multifonctions HP et d'un kit clavier/souris sans fils. Autant dire qu'un support imprécis d'un des éléments aurait rendu l'utilisation du PC laborieuse.

J'enfourne le disque d'Ubuntu, et j'essaie le système, pour voir. Résultat : tout est reconnu sans aucune manipulation ! Même le scanner fonctionne sans rien avoir à bidouiller.

En toute honnêteté, j'ai la nette impression que Linux est devenu plus facile à installer que Windows. J'en veux pour preuve la Webcam. Ma sœur voulait utiliser Skype. Elle branche la Webcam sous Windows, et on lui demande d'insérer le disque de pilote... disque dont je n'ai pas vu la couleur depuis au moins quatre ans. L'expérience de la conversation vidéo s'arrête ici pour ma sœur : impossible d'installer le pilote, donc impossible d'utiliser la Webcam et donc impensable d'utiliser Skype. En passant à la maison le week-end dernier, j'ai installé correctement la camirette[3], mais j'ai quand même dû chercher un bon moment sur le site de Logitech pour trouver le pilote correspondant, qui est relegué dans une partie du site peu visitée. Et encore, c'est une chance que le pilote soit encore disponible !

Cerise sur le gâteau, j'écris cet article alors que le système est en train d'être installé !

Franchement, pour une utilisation classique (décrite ci-dessus), Linux (et a fortiori sa déclinaison Ubuntu) est une petite merveille. Essayez-le, vous ne risquez de toute façon rien puisque vous pouvez démarrer le système sans rien modifier sur votre ordinateur grâce à la fonction Live CD du disque.

Bon, je dois vous laisser, l'installation est déjà terminée... on n'a même plus le temps de discuter tranquillement !

Notes

[1] Tout est relatif, il est quand même assez puissant mais il commence à dater

[2] Bon, pour Flight Sim, il y a peut-être FlightGear, mais on l'a essayé sous Windows sans arriver à faire décoller un seul avion, alors...

[3] Sur l'ordinateur qui était encore sous Windows à ce moment-là

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